lundi 15 mars 2010

Communiqué de presse-Halte à la précarisation des patients atteints de pathologies chroniques !

Communiqué de presse
Halte à la précarisation des patients atteints de pathologies chroniques !
Nous avons découvert, le 26 février dernier, la nouvelle liste des médicaments qui vont être
partiellement déremboursés par la Sécurité Sociale, et voici ce qu'explique « Les Echos » - M. Vincent Collen, dès le 27 février :
« Le gouvernement a arrêté la liste des produits dont le taux de remboursement par la Sécurité sociale va passer de 35% à 15%. Il s'agit de médicaments jugés peu efficaces par la Haute Autorité de santé, comme le Tanakan d'Ipsen Ò, un traitement des troubles de la mémoire chez les personnes âgées. Economie attendue : 145 millions d'euros en 2010.
Les vignettes orange, qui avaient disparu en 2008, sont de retour sur les boîtes de médicaments. Pour près de 200 produits dont la liste vient d'être arrêtée, le taux de prise en charge par la Sécurité sociale va passer de 35% à 15%. Il y aura donc quatre taux de remboursement différents désormais (cf. encadré infra). Annoncée à l'automne dernier, cette mesure doit permettre à l'assurance-maladie d'économiser 145 millions d'euros cette année. En réalité, les économies pourraient être inférieures,
car plusieurs étapes restent à franchir. Les laboratoires pharmaceutiques concernés sont en train de recevoir les courriers qui leur notifient la baisse du taux de remboursement. Ils ont un mois pour contester. Les décisions, médicament par médicament, paraîtront au "Journal officiel" à partir d'avril.
Les fabricants ont ensuite un délai pour écouler leurs stocks déjà vignettés à 35%. Au total, les
économies ne pourront donc pas intervenir avant mai ou juin.
La liste, quasi définitive est plus fournie que prévu? Elle comporte près de 200 médicaments
différents, contre 110 annoncés à l'automne. Si l'on inclut les différentes versions génériques d'une même molécule, on dépasse les 600 présentations ».
Une mauvaise nouvelle de plus pour tous les patients atteints de maladies chroniques comme ceux que l'Association pour l'Information et la Recherche sur le Syndrome SAPHO (AIRSS) accompagne. En effet, l'AIRSS apporte un soutien administratif, psycho-social, juridique et solidaire aux malades atteints du Syndrome SAPHO (maladie rare auto-inflammatoire à l'évolution incertaine et souvent invalidante) ou de spondylarthropathies. Force est de constater, à travers tous les témoignages et les dossiers qu'elle traite pour aider les familles concernées, les difficultés socio-économiques que
rencontrent les malades atteints de maladies chroniques invalidantes, précarisés par la réduction ou la perte de leur activité professionnelle, causées par leur état de santé fragilisé.
Nous avions déjà prédit que l'instauration des franchises médicales, y compris pour les personnes en affection longue durée (ALD), allait engendrer des conséquences préjudiciables sur la prise en charge médicale de ces patients, qui sont souvent contraints de renoncer à certains traitements pour des raisons économiques.
Les Echos ajoutent plus loin :
« L'impact ne sera donc pas négligeable pour le portefeuille des patients, à moins que leur médecin ne reporte ses prescriptions vers des médicaments mieux remboursés. Les ménages y sont déjà de leur poche pour 17,5% des dépenses de médicaments, nettement plus que pour les soins médicaux de ville(12,5%) ou l'hôpital (2,8%). »
Ce déremboursement supplémentaire, avec une liste si longue de produits pharmaceutiques, dont
beaucoup sont utilisés quotidiennement par nos malades atteints du Syndrome SAPHO ou de
spondylarthropathies, va encore accroître chez eux le sentiment de culpabilité d'être malade,que décidément nous accédons peu à peu, mais sûrement à une médecine à deux vitesses : celle de
ceux qui pourront (peuvent) se payer leur traitement au long cours, et ceux qui seront (ou sont déjà) contraints d'y renoncer ou de faire un tri sélectif alors que chaque médicament utilisé n'est en aucun cas un médicament de confort mais essentiel !
Comment peut-on prétendre que l'effet thérapeutique d'émollients, protecteurs, d'antipsoriasiques topiques sont superflus alors que ces derniers vont permettre au patient de soigner des plaies et lui permettre tout simplement de pouvoir se chausser, ou de soigner ses mains, son visage ! Comment peut-on également supprimer certains myorelaxants à action centrale ou certains antirhumatismaux, qui concèdent tout simplement au patient d'avoir un peu de répit ! Il en est de même pour les antiacides,
utilisés par de nombreux patients atteints du Syndrome SAPHO ou de spondylarthropathies
pour pallier les effets secondaires de traitements de fond, ou encore absorbés par d'autres patients atteints également de maladies inflammatoires chroniques intestinales.
Encore une fois, c'est, entre autre, sur le dos les malades, qui n'ont pas demandé à souffrir d'une pathologie chronique invalidante, que retombent les décisions prises par décrets, de supprimer la prise en charge de médicaments jugés « peu efficaces » ou « insuffisants », et ce par la HAS, qui statue sous les directives du Ministère de la Santé, dont il devient de plus en plus évident que la politique sanitaire
tend à favoriser le démantèlement des services publiques et de la conception de la Sécurité Sociale instituée en 1945, qui devait garantir un égal accès aux soins pour tous, selon le principe « chacun cotise selon ses moyens et chacun reçoit des soins selon ses besoins ». Tout est orchestré pour que la médecine privée et les organismes de mutuelles complémentaires, qui vont continuer à augmenter leurs tarifs, soient à terme les bénéficiaires de ces décisions arbitraires.
Comment une personne atteinte d'une maladie chronique, ayant perdu son emploi ou vivant avec un revenu en dessous du seuil de pauvreté, pourra faire face à des cotisations de mutuelle de plus en plus coûteuses ? Certains malades n'avaient déjà même pas les moyens financiers de posséder une complémentaire santé !...
L'AIRSS défend depuis près de 5 ans les malades et leurs familles qui doivent se battre au quotidien avec la maladie et son lot de souffrances, l'errance de diagnostic due à la méconnaissance de cette pathologie rare dans le milieu médical, l'incompréhension de l'entourage, surtout scolaire et professionnel, face à l'évolution fluctuante « par poussées » de cette maladie qui entrave douloureusement la vie quotidienne des patients. S'ajoute à ce fardeau d'autres contraintes économiques qui s'aggravent d'année en année depuis les franchises médicales et le progressif déremboursement de nombreux médicaments !
Trop, c'est trop ! Cette situation est révoltante !
C'est pourquoi aujourd'hui, nous prêtons notre voix associative solidaire pour clamer bien fort que cet état de fait peut prendre une tournure explosive, si la tendance ne s'inverse pas rapidement.
L'AIRSS tient à exprimer ses inquiétudes pour l'avenir de nombreux patients qui, bien souvent restent très discrets, déjà à l'écart d'une vie socio - professionnelle et contraints de lutter quotidiennement avec leurs maux. Ont-ils besoin aujourd'hui d'y ajouter l'angoisse de se demander comment ils vont pouvoir se soigner demain !
Nous profitons de ce message pour rappeler que le 27 mars 2010 aura lieu dans de nombreuses villes
de France, la Marche organisée par le Collectif « Ni pauvre, ni soumis » qui défend les valeurs pour la survie des personnes précarisées par la vie, comme les malades et les personnes handicapées. Son thème « De la grande illusion à la grande exclusion »
Voir le site et le détail des manifestations régionales sur leur site officiel.
Le Conseil d'Administration de l'AIRSS

--
Contact Presse:
Association AIRSS
AIRSS DE BENEDITTIS Nathalie
0476241363
airss.sapho@gmail.com
http://www.airss-sapho.org/

--

Communiqué envoyé le 15.03.2010 12:38:57 via le site Categorynet.com dans la rubrique Santé

Diffuser votre communiqué de presse : http://www.diffuseruncommuniquedepresse.com/

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire